La machine humaine reconstruite
Il faut lire tout l’article pour bien voir ce qui est entraperçu par ces découvertes. >
Ces réserves n’empêchent pas les biologistes de réaliser des exploits spectaculaires. A la fin juillet, des équipes de l’université d’Harvard et du Caltech ont réussi à produire une sorte de méduse artificielle capable de nager dans l’eau grâce à un phénomène de pompage qui rappelle le fonctionnement d’un coeur. « Un de nos objectifs était de faire progresser le concept d’ingénierie tissulaire », a déclaré Janna Nawroth, du Caltech, auteur principal de ces travaux très originaux.
Cette « médusoïde » est une structure hybride à base de silicone sur laquelle sont implantées des cellules battantes prélevés sur des coeurs de rats. Avant de se lancer, les chercheurs ont longuement étudié la méduse, « un des plus vieux organismes existant sur terre ». La méduse est une petite merveille d’efficacité. Avec un nombre très réduit de composants, elle est capable de se déplacer au gré des courants, de se nourrir et de se reproduire. « Nous avons l’habitude de construire des organes artificiels avec du métal. On peut faire mieux avec des cellules implantées sur un substrat », indiquent les chercheurs américains, adeptes d’une discipline très en vogue : la bio-ingénierie.
Cette méduse siliconée n’est rien à côté de ce que nous préparent les spécialistes de la biologie de synthèse. Ces biologistes de l’extrême veulent tout simplement « recréer la vie » à partir de composants chimiques ou biologiques « du commerce ».
Le champion de cette approche est le génial biologiste américain Craig Venter, connu tout autant pour l’originalité de ses travaux que pour ses prises de position iconoclastes. Ce chercheur-entrepreneur, pionnier du séquençage du génome humain, cherche à construire une cellule possédant le minimum vital. Une fois conçu, ce châssis a minima permettrait de construire à peu près tout ce que l’esprit humain est capable d’inventer. Une course à « l’homme amélioré » imaginée à travers le prisme d’un posthumanisme biologique : le biologiste Hervé Chneiweiss. Dans son ouvrage « L’Homme réparé », il estime que, « avant de vouloir augmenter quelques hommes, il vaudrait mieux regarder les millions d’enfants à vacciner et à éduquer ».
Lire l’article de : Alain Perez
Titre : La machine humaine reconstruite
Date de parution : 16 Août 2012


