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14/3/2011

etoile Et si la maladie d’Alzheimer n’existait pas ?

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On pose là de véritables questions : de quoi parle-t-on ? L’interrogation sur les médicaments proposés qui vont peut-être à l’envers de cette protection naturelle que représenteraient ces fameuses plaques qu’il faudrait détruire à tout prix. Le débat est au moins lancé.

Le problème, c’est que les incertitudes autour des définitions cliniques et neuropathologiques de la maladie se retrouvent logiquement dans la recherche de ses causes. Plusieurs hypothèses ont été évoquées pour expliquer la survenue de la maladie. Mais l’une a pris le pas sur les autres, au point de concentrer l’essentiel des efforts de la recherche pharmaceutique. Il s’agit de l’hypothèse amyloïde. Selon celle-ci, en fonction de facteurs environnementaux et d’une susceptibilité génétique particulière, certains fragments de protéines, les peptides bêta-amyloïdes, s’accumuleraient dans le cerveau, d’abord sous forme de complexes solubles, puis sous forme de dépôts insolubles, les plaques amyloïdes. Lesquelles favoriseraient alors un processus naturel du vieillissement, les dégénérescences neurofibrillaires, qui conduiraient in fine à la mort des neurones.
L’industrie pharmaceutique a investi des sommes énormes afin de trouver des médicaments empêchant le dépôt de ces plaques amyloïdes. Elle n’est donc pas prête d’abandonner cette hypothèse. Or, en cherchant à empêcher ce dépôt, on n’est même pas sûr d’améliorer les signes cliniques ! En effet, plusieurs études ont suggéré récemment que les plaques amyloïdes auraient en fait une fonction protectrice en stockant sous forme inerte les véritables fautifs que seraient les oligomères bêta-amyloïdes.
Finalement, ne devrait-on pas plutôt parler de syndrome d’Alzheimer ? Ainsi, il n’existerait pas une, mais plusieurs maladies d’Alzheimer, de la même façon qu’il n’existe pas un cancer, mais de nombreuses formes de cancers. Espérons que pour le mettre en évidence et développer des outils thérapeutiques en conséquence, les neurobiologistes seront plus rapides que les cancérologues.

Lire l’article de : Marie-Catherine Mérat

Titre : Et si la maladie d’Alzheimer n’existait pas ?

Date de parution : 14 Mars 2011

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